
On en parle peu, mais les chiffres, eux, ne mentent pas.
En Martinique, une personne sur dix vit aujourd’hui avec un diabète. L’île arrive en deuxième position des départements français les plus touchés, juste derrière la Guadeloupe. Selon le baromètre santé de Santé publique France, la prévalence du diabète déclaré chez les adultes atteint 11,5 % en Martinique, 12 % en Guadeloupe et 13,6 % à La Réunion — contre 5,7 % dans l’hexagone il y a dix ans.
Autrement dit : on est diabétique presque deux fois plus souvent aux Antilles qu’en France.
Et ce n’est pas qu’une question de chiffres froids. Certaines estimations locales évoquent près de 34 000 personnes concernées rien qu’en Martinique, un chiffre qui ne cesse de grimper. Chez les plus de 65 ans, la barre des 15 % est franchie.
Pourquoi nous ?
La réponse n’a rien de mystérieux et tout le monde la connaît déjà, au fond : une population qui vieillit, qui bouge moins, qui mange plus transformé et moins frais — souvent faute de moyens ou d’accès —, une précarité qui touche une partie importante de la population, et une offre de soins concentrée à Fort-de-France pendant que le reste du territoire manque de diabétologues, de diététiciens, de podologues.
Résultat : un diagnostic souvent tardif, et des complications qui suivent — amputations, cécité, insuffisance rénale, accidents cardiovasculaires. Des vies abîmées, des familles qui portent le poids financier et humain d’une maladie qui, dans bien des cas, aurait pu être repérée et freinée plus tôt.
Et pendant ce temps ?
Les plans de santé publique existent sur le papier. Les rapports s’empilent. Mais sur le terrain, la prévention reste largement portée par les associations et les initiatives citoyennes, pas par une politique publique à la hauteur du problème.
C’est le sujet qu’on va creuser dans les semaines qui viennent, jusqu’au 27 septembre — date de la 5ème édition d’IniRun à Rivière-Pilote, une course organisée par UNOM justement pour mettre ce sujet sur la table. Parce qu’en attendant que les décideurs se bougent, il y a ceux qui courent déjà contre le diabète.
Sources : Santé publique France (baromètre 2021/2024), Fédération Française des Diabétiques, Martinique la 1ère.












