
Voilà une fable empreinte de spécificité qui fera couler beaucoup le navire Martinique avec ou sans autorité unique de l’au…tonomie factice.
La CTM, riche en discours,
Promettait merveilles chaque jour.
Les coffres ouverts, la bourse légère,
Elle distribuait sans trop regarder derrière.
Subventions, fêtes et grands chantiers,
Tout semblait pouvoir être financé.
« L’avenir, disait-elle, trouvera bien son compte ;
Le présent est plus beau lorsque l’on ne le compte. »
Mais l’hiver vint, discret, avec son déficit ;
Les recettes faiblirent, les créanciers suivirent.
Alors notre Cigale, jadis si triomphante,
Frappa chez les Fourmis d’une démarche pressante.
« Amies, prêtez-moi quelques millions,
Le temps que reviennent de meilleures saisons.
Votre solidarité sera bien récompensée ;
Je saurai, un jour, vous la rembourser. »
Les Fourmis répondirent, sans hausser le ton :
« Que faisiez-vous donc en la belle saison ? »
« Nous dépensions beaucoup ; il fallait satisfaire
Les urgences du jour et les promesses d’hier. »
Alors l’une d’elles dit avec gravité :
« L’épargne est moins brillante que les rubans coupés,
Mais elle nourrit demain quand les caisses sont vidées.
Pourquoi nous demander le fruit de nos efforts,
Quand vous avez choisi l’apparence plutôt que le trésor ? »
Et chacune ajouta :
« La solidarité n’est point un distributeur
Destiné à combler les erreurs du gestionnaire.
Elle est un noble devoir lorsque frappe le malheur,
Non un recours constant contre le manque de rigueur. »
La Cigale baissa la tête, sans réponse à donner ;
L’hiver enseigne parfois ce que l’été fait oublier.
Morale
Qui gouverne sans mesure finit par dépendre d’autrui.
L’argent public n’est jamais inépuisable ;
La prévoyance paraît austère quand les caisses sont pleines,
Mais elle devient une vertu lorsque l’hiver arrive.
Fort-de-France, le 31 juillet 2026
Yan Monplaisir
Président de la Fédération Les Républicains de Martinique













