
« Mon syndicat est à moi, je fais ce que je veux avec mon syndicat » aurait déclaré Jojo Gaddarkhan après son élection contestée à la tête de la Fédération du BTP de Guadeloupe.
Malgré une crise interne profonde et une action judiciaire engagée par une trentaine d’entreprises, Jojo, fort de neuf années d’“expérience exemplaire”, rempile pour un QUATRIÈME mandat de président.
La justice a validé le scrutin le jour J.
Juridiquement : allez hop, circulez, il n’y a rien à voir.
Professionnellement, en revanche, la situation est explosive et le malaise persiste.
Dans un territoire qui compte plus de 1000 entreprises du BTP, la Fédération du BTP de Guadeloupe ne revendique qu’une soixantaine d’adhérents, dont à peine 35 ont participé au vote. Une représentativité minimaliste pour un syndicat censé parler au nom d’une profession entière.
Jusqu’ici, la Guadeloupe pouvait encore se targuer d’un semblant d’unité syndicale dans le BTP.
C’est désormais de l’histoire ancienne.
Les entreprises exclues (parfois depuis des années) lassées d’attendre une hypothétique adhésion au club très fermé de la Fédération, envisagent désormais la création d’un second syndicat.
Autrement dit : ce que la Martinique a déjà vécu.
Car en Martinique, la guerre fratricide entre syndicats du BTP a déjà eu lieu. Deux structures, une lutte interne, un combat mené sans élégance par Anicet et Antoine, digne héritier de son frère Hyacinthe, jusqu’à l’absorption finale.
Résultat : une représentation bancale, verrouillée, et un secteur durablement fracturé.
Jojo Gaddarkhan est donc réélu.
La justice est passée.
Mais la crise, elle, reste entière.
Et une question demeure, lancinante :
combien de temps encore le BTP antillais vacillera-t-il avant d’exploser définitivement ?









