


Considérant que le peuple martiniquais n’a jamais confié à l’Assemblée de Martinique un mandat visant à engager notre territoire dans un processus conduisant à l’autonomie ;
Considérant que le Gouvernement de la République s’apprête à signer avec le Président du Conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique un document ouvrant la voie à une évolution statutaire majeure ;
Considérant qu’un tel engagement modifie profondément les rapports entre l’État et la Martinique et ne peut être décidé sans l’accord préalable et explicite du peuple martiniquais ;
Considérant que les compétences dont le transfert est envisagé concernent notamment des domaines essentiels, tels que la fiscalité, permettant demain à la CTM de créer ou de modifier des impôts et taxes qui pèseront directement sur les ménages et les entreprises ;
Considérant que tout transfert de compétences s’accompagne inévitablement d’un désengagement progressif de l’État dans les domaines concernés, avec des conséquences financières et sociales dont les Martiniquais supporteront les effets ;
Constatant que la situation financière et administrative de la CTM suscite de nombreuses interrogations et que les difficultés rencontrées dans la gestion des compétences actuelles invitent d’abord à un examen lucide du bilan avant toute revendication de nouvelles responsabilités ;
Considérant que cette réforme institutionnelle apparaît, selon nous, comme une tentative de déplacer le débat public afin de faire oublier les insuffisances de la gestion actuelle de la Collectivité Territoriale de Martinique ;
Constatant que cette orientation est portée par Serge Letchimy avec le soutien des élus indépendantistes, tandis que de nombreux autres élus observent un silence que nous jugeons préoccupant sur un sujet qui engage pourtant l’avenir de plusieurs générations ;
Déplorant l’attitude de l’État, qui semble renoncer à défendre une vision claire de la présence de la République en Martinique et accompagner une logique de transfert de responsabilités sans apporter les réponses attendues aux difficultés économiques, sociales et sécuritaires que connaît notre territoire ;
Nous affirmons
Que la souveraineté appartient au peuple martiniquais.
Qu’aucun élu, quelle que soit sa fonction, ne peut engager la Martinique dans un processus d’autonomie sans avoir reçu un mandat clair des électeurs.
Que toute évolution institutionnelle doit être précédée d’un débat public loyal, pluraliste, transparent et contradictoire.
En conséquence, nous demandons
Au Gouvernement de la République :
de suspendre toute signature ou tout engagement susceptible d’ouvrir la voie à une évolution statutaire sans consultation préalable du peuple martiniquais ;
de réaffirmer clairement les responsabilités de l’État envers la Martinique et de privilégier les réponses économiques, sociales et financières attendues par la population.
Aux élus de la CTM :
de renoncer à toute démarche engageant l’avenir institutionnel de la Martinique sans mandat populaire explicite ;
de rendre compte de leur gestion devant les Martiniquais avant de solliciter de nouvelles compétences.
Nous appelons
L’ensemble des Martiniquaises et des Martiniquais à demeurer vigilants.
L’avenir de notre pays ne peut être décidé dans le secret des négociations ni par la seule volonté d’une majorité politique. Il appartient exclusivement au peuple martiniquais.
Nous invitons chaque citoyen à s’informer, à participer au débat démocratique et, le moment venu, à faire échec, par les voies démocratiques, à toute tentative d’imposer une évolution statutaire qui n’aurait pas reçu l’approbation explicite de la population.
« L’autonomie n’est pas une réforme technique ; c’est un choix de civilisation. Un tel choix ne peut être le fruit d’un accord entre un ministre et quelques élus. Il appartient exclusivement au peuple martiniquais. C’est à lui, et à lui seul, de décider de son destin.»
Yan Monplaisir
Maire de Saint-Joseph











