
Chaque année, c’est le même spectacle. La Martinique s’arrête. Les plages débordent de monde. Même un peu trop. Les crabes s’en souviennent encore à l’Anse Meunier. Les réseaux sociaux s’enflamment. Les annonceurs se frottent notamment les mains. Les audiences explosent. D’autres se font payer pubis sur ongle non loin du Diamant. À chacun truc.
Et au cœur de ce gigantesque spectacle populaire, il y a la yole ronde. La pauvre.
Sans elle, pas de Tour. Une yole n’est pas un tampon périodique qu’on égare entre deux suck my dick. Moli Moby Dick.
Sans les patrons, les équipages, les associations, les bénévoles, il n’y aurait rien à filmer.
Pourtant, une question mérite d’être posée : combien vaut aujourd’hui le droit de diffuser le Tour de Martinique des yoles rondes ?
Dans le football, le rugby, le cyclisme, le tennis ou la voile, les droits audiovisuels représentent souvent la première source de revenus des fédérations.
Ces recettes servent à financer les clubs, former les jeunes, améliorer la sécurité et professionnaliser les compétitions.
En Martinique, la situation semble bien différente.
Si la FYRM ne perçoit effectivement aucun droit de diffusion, cela signifie que l’un des plus grands événements sportifs et culturels des Antilles est offert gratuitement à son diffuseur principal.
Certes, produire des images en direct coûte cher : hélicoptères, drones, bateaux, réalisation, journalistes, techniciens… Personne ne le conteste. Mais ces coûts suffisent-ils à justifier l’absence de toute contrepartie financière ?
Le TDY génère des audiences exceptionnelles bien au-delà des frontières de vagues de l’île chère à Émia Eriasec. Il attire des annonceurs. Il renforce l’image de la Martinique. Il nourrit les journaux télévisés, les magazines, les réseaux sociaux et contribue au rayonnement du service public.
La véritable richesse, ce sont les yoleurs qui la créent.
Alors pourquoi ceux qui produisent le spectacle seraient-ils les seuls à ne pas bénéficier directement de sa valeur économique ?
Les associations de yoles ne devraient-elles pas demander une totale transparence sur les conventions de diffusion ?
La FYRM ne devrait-elle pas faire évaluer la valeur réelle de ses droits audiovisuels par un cabinet indépendant ? Une mise en concurrence des diffuseurs serait-elle aujourd’hui envisageable ?
Autant de questions qui dépassent le simple cadre d’une course de yoles.
Peut-être est-il temps d’organiser de véritables Assises de la yole ronde, où seraient abordés les droits audiovisuels, la rémunération des équipages, le financement des associations, la gouvernance de la FYRM et l’avenir économique de ce patrimoine martiniquais.
Car une chose est certaine : lorsqu’un événement devient une marque reconnue, ses images ont une valeur.
La vraie question siamoise ou jumelle (au choix) est donc simple :
Qui profite aujourd’hui de la valeur créée par la yole ronde martiniquaise ? Qui est en mode sans graisse et qui s’engraisse ? À suivre.










