
Les premières peines de prison prononcées ce lundi 30 mars 2026 dans l’affaire des 3,2 millions d’euros détournés à la Collectivité Territoriale de Martinique pourraient donner le sentiment que la justice suit son cours.
Ce serait une lecture confortable.
Et pourtant, elle est insuffisante. Grandement insuffisante.
Car ce dossier ne relève pas seulement du fait-divers judiciaire.
Il met en lumière une défaillance beaucoup plus profonde : celle d’un système boskafien incapable de se contrôler lui-même.
Une affaire qui n’aurait jamais dû durer si l’intérêt du citoyen était une priorité au cœur de la vie de la cité.
Entre 2019 et 2024, des millions d’euros ont été détournés.
Pas en une fois. Pas dans la précipitation.
Mais dans la durée, avec méthode. Et surtout moult complicités.
Cela signifie une chose simple :
le problème n’est pas seulement celui de ceux qui ont fraudé.
Le problème, c’est que rien — ou presque — n’a fonctionné pour les arrêter.
Ni les procédures internes.
Ni les mécanismes de vérification.
Ni les alertes.
Ce qui rend cette affaire particulièrement grave, c’est la nature des fonds concernés.
Il ne s’agit pas de lignes budgétaires abstraites.
Il s’agit d’aides destinées à des personnes en situation de handicap.
Autrement dit, pendant que certains attendaient un soutien essentiel,
d’autres ont transformé ce système en opportunité.
Ce basculement est lourd de conséquences :
il fragilise non seulement les finances publiques, mais aussi le sens même de la solidarité.
Le procès du 18 mai 2026 ne devra pas être une formalité.
Le procès attendu le 18 mai sera un moment décisif.
Il ne devra pas se limiter à distribuer des peines.
Il devra poser les bonnes questions.
Comment un tel détournement a-t-il pu durer aussi longtemps ?
Qui savait ?
Qui aurait dû savoir ?
Et surtout : qui répondra des défaillances du système ?

Sortir du réflexe du “quelques coupables, affaire réglée”
Il serait tentant de refermer ce dossier en désignant quelques responsables et en tournant la page.
Ce serait une erreur.
Car tant que les causes profondes ne sont pas traitées — défaut de contrôle, opacité administrative, dilution des responsabilités —
les conditions qui ont rendu cette affaire possible resteront en place.
Une exigence de vérité et de réforme
Cette affaire appelle plus qu’une réponse judiciaire.
Elle appelle :
de la transparence
des audits indépendants
une remise à plat des circuits de décision et de contrôle
Sans cela, les condamnations prononcées aujourd’hui risquent de n’être qu’un épisode de plus dans une série déjà trop longue.
Les premières peines de prison marquent un début.
Elles ne doivent pas marquer la fin.
Car ce qui est en jeu dépasse les individus condamnés.
C’est la capacité d’une institution publique à protéger l’intérêt général qui est ici questionnée.
Et sur ce point, le procès du 18 mai sera attendu non seulement comme un jugement,
mais comme un révélateur en bon dard et en tout cas car l’agent de catégorie C va sûrement donner des noms si elle veut pas être l’âne alpha bête d’une notable fable de La Fontaine. À suivre. Pire…VIVEMENT . 🍿🍿🍿🍿🍿
