

Une sénatrice, spécialiste de l’esbroufe, cosigne un texte qui autorise l’abattage de chiens errants dans cinq territoires ultramarins.
On l’interroge sur les chiffres : cinq ans d’euthanasie massive en Martinique, 3 000 à 4 000 chiens tués chaque année depuis 2021, sans que l’errance ne recule d’un iota.
On lui demande où est le plan de stérilisation. On lui demande une étude d’impact.
Sa réponse ? « Je ne suis pas Cruella. »
Pas un chiffre. Pas une contre-étude. Pas l’ombre d’un commencement de démonstration.
Juste une héroïne offensée qui transforme un débat de politique publique en plaidoyer pour sa propre image. On légifère sur la mort d’êtres vivants, et la seule chose qu’elle trouve à défendre, c’est elle-même.
C’est le degré zéro de l’argumentation politique : quand on n’a rien à répondre sur le fond, on parle de soi.
On se pose en victime d’une “caricature malhonnête” plutôt que de produire les données qui manquent depuis le premier jour. Cinq ans d’échec documenté, jamais contesté par elle-même, et pour toute réponse : un costume qu’elle refuse d’endosser.
Pendant ce temps, les vraies questions restent sans réponse. Combien d’animaux d’élevage perdus, réellement ? Combien de chiens stérilisés plutôt qu’abattus, et avec quel budget ?
Quel encadrement vétérinaire pour ces “opérations” ? Quel recours pour les habitants ? Rien. Le silence. Remplacé par de l’émotion tournée vers soi.
On ne gouverne pas un territoire par des punchlines défensives. On le gouverne avec des chiffres, un plan, une méthode.
Ici, il n’y a qu’une posture — et un cheptel, et des chiens, qui attendent toujours, eux, une vraie politique.
La spécialiste de l’esbroufe donneuse de leçons …moi je … moi je donne des chiffres … moi je …ça se passe comme ça quand le rhum enrhume. La Martinique n’en peut plus des politiques fumistes qui l’enfument.
Et pendant ce temps-là, les chiens s’habillent an moun et hurlent à la lune. Moon.
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