
Par Francis CAROLE
L’Organisation des Nations Unis (ONU) vient de voter, ce mercredi 25 mars, une résolution qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage racialisé comme les plus graves et plus durables crimes contre l’humanité.
Portée par le Ghana, la résolution de l’AG de l’ONU met très justement en évidence que
« la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains constituent les plus graves crimes contre l’humanité, en raison de la rupture décisive qu’ils ont provoquée dans l’histoire mondiale, de leur ampleur, de leur durée, de leur caractère systémique, de leur brutalité et de leurs conséquences durables, qui continuent d’influer sur la vie de tous les peuples à travers des systèmes racialisés de travail, de propriété et de capital ».
Il ne s’agit donc pas de « hiérarchiser » les crimes mais de rappeler, de manière factuelle et documentée, l’ampleur du crime et de ses conséquences persistantes dans le présent des afrodescendants de la Caraïbe et des Amériques ainsi que des pays africains.
L’accent est aussi mis sur l’urgence de « remédier aux torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine ».
123 pays ont voté en faveur de cette résolution. 3 se sont prononcés contre (Israël, les Etats-Unis et l’Argentine). 52 autres se sont abstenus : il s’agit, pour l’essentiel, de la France et des membres de l’Union Européenne, parmi lesquels d’anciennes puissances esclavagistes et coloniales qui n’ont toujours pas réglé leurs rapports aux crimes esclavagistes, coloniaux et néocoloniaux.
Ces puissances qui ont déporté dans la Caraïbe et les Amériques des dizaines de millions d’Africaines et d’Africains réduits en esclavage, entre le 15ème et 19ème siècle,sont ainsi placées devant l’obligation de réparer leurs crimes. Le remboursement de la « dette de l’indépendance » imposée à Haïti effraie particulièrement l’Etat français…
Cette abstention de la France -à un moment où certains parlent de recoloniser l’Afrique et où se développent sans complexe des thèses suprémacistes relayées par l’extrême droite française et européenne- interpellent sérieusement.
Plus largement, les massacres de populations civiles à Gaza par Israël, les politiques de Trump visant à affamer Cuba, les discours racialistes du gouvernement des Etats-Unis (un air de 4ème Reich) illustrent l’état de délabrement moral du monde et la compromission idéologique de certains États.
Faut-il s’étonner de la position française ? Pas vraiment ! La France reste un État néoesclavagiste et nécolonial incapable de s’émanciper de son passé odieux.
Francis CAROLE
MARTINIQUE
Jeudi 26 mars 2026










