Discours de Bruno-Nestor AZEROT, Député-Maire pour la fête patronale de Sainte-Marie en Martinique le 15 août 2015

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Discours de Bruno-Nestor #AZEROT, Député-Maire pour la fête patronale de Sainte-Marie en #Martinique le 15 août 2015 prononcé à la Plaine de l’Union, à l’occasion de la dénomination de « Espace #Clarissa JEAN-PHILIPPE » et de l’érection de la statue de Clarissa JEAN-PHILIPPE, samaritaine victime du terrorisme.

Madame JEAN-PHILIPPE et toute la famille de Clarissa JEAN-PHILIPPE ici présente, recevez en ce moment toute notre sympathie et notre émotion,

Monseigneur l’Archevêque David MACAIRE,
Monsieur le Représentant du Préfet,
Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du Conseil Régional, Serge #LETCHIMY,
Madame la Présidente du Conseil Général, Josette #MANIN,
Mesdames, messieurs les élu(e)s et représentants des communes de toute la Martinique,
Mesdames et messieurs les élu(e)s du Conseil municipal de Sainte-Marie,
Mesdames et messieurs les représentants des associations de Sainte-Marie et de Martinique,
Mesdames et messieurs représentants des corps d’Armées, de Gendarmerie, de Police (nationale et municipale), de Pompiers, et tous les collègues et ami(e)s de Clarissa JEAN-PHILIPPE, et notamment ceux et celles qui ont d’une façon ou d’une autre la difficile mission de service public d’assurer la sécurité, la tranquilité et le bien-être de leurs concitoyens,
Mesdames et messieurs les Samaritains,
Martiniquaises et Martiniquais,

Bonjour et bienvenue à tous en ce jour de fête patronale à Sainte-Marie !
Une fête patronale, c’est d’abord un temps d’union et de fraternité des citoyens de cette commune, mais aussi une façon de souligner collectivement notre attachement à son identité et aux valeurs qu’elle incarne depuis toujours…
Or, précisément, Sainte-Marie s’est toujours construite autour de l’idée d’union et de fraternité.
Faut-il rappeler que c’est précisément sur ce site de la Plaine de l’Union où nous nous trouvons, qu’en 1919, le grand homme politique Samaritain dont nous nous réclamons, Joseph LAGROSILLIERE, lança le 22 juin 1919 son fameux Manifeste d’union républicaine qui se concrétisa par son association avec le béké CLERC pour engager le grand développement économique et social de la Martinique.

Que disait-il alors ? C’est intéressant de s’en souvenir…
Qu’il lançait un « appel à l’Union des énergies et des bonnes volontés démocratiques ».
Qu’il était vain de « bâtir sur du sable ou sur la haine » et les rancoeurs.
Qu’il fallait revenir à la vertu politique de nos ancêtres…

Ce mot d’union, et de fraternité, mesdames et messieurs, sur cette Plaine qui a pris alors le nom de Plaine de l’Union, prend donc tout son sens aujourd’hui encore…

Mais l’union et la fraternité, rappelle LAGROSILLIERE aussi, n’ont « de valeur et de sens que s’ils signifient l’accord des esprits et des cœurs sur des idées et des principes clairs et précis ».

Voilà ce que disait LAGROSILLIERE en 1919 ici même…
Voilà ce que nous réaffirmons et reprenons aujourd’hui en 2015 ici même…
Sainte-Marie ne se déjuge pas… Jamais ! Sainte-Marie ne s’aliène pas !
Et c’est bien ce sens et ces valeurs qui doivent tous vous animer ici en cet instant par votre présence…
Et c’est pourquoi, pour ma part, je dis et répète toujours préférer aux petits clivages sans fins les clairs rassemblements d’idées et d’actions… C’est ce que nous ferons.
Ni faire contre ou pour, mais faire avec pour avancer ensemble, vivre ensemble, dans l’union et la fraternité… C’est notre choix et notre leitmotiv.

Je voudrais avant tout dire un grand merci ce matin aux officiants de cette belle messe à laquelle il nous a été donné d’assister. Et un grand merci notamment à notre ami Monseigneur Macaire qui a bien voulu être en ce jour important pour Sainte-Marie le pasteur du troupeau samaritain fraternel de ce jour…

Merci aussi aux Samaritains d’être encore cette année nombreux à faire de ce week-end un beau moment de fête et d’allégresse populaire. Nous attendons près de 20.000 personnes. Ce soir avec le spectacle, cet après-midi avec les courses de chevaux sur la plage, seront en effet des moments de joie et de communion festive…

Mais après le recueillement de la messe, je voudrais poursuivre ce moment de recueillement en remerciant la famille de Clarissa JEAN-PHILIPPE d’être à nos côtés, en lui disant que nous ne l’oublions pas, et qu’elle reste en nos esprits aux côtés de toutes les victimes du terrorisme, qu’elles soient d’ailleurs samaritaines ou nationales.

Mais avant tout, je voudrais dire aussi quelques mots si vous le voulez bien, pour remercier nos présidentes et présidents d’honneur de notre fête patronale…
A savoir :
– Fred TIRAULT, maire de Saint-Esprit,
– Raymond THEODOSE, maire de Rivière-Pilote…
Ce sont de jeunes et brillants nouveaux maires et ils ont foi dans leur mission au service de leurs compatriotes.
Qu’ils sachent qu’au-delà de ce qui pourrait apparaître comme des différences d’approche politique (qui pour nous ne comptent pas…), nous sommes et serons toujours solidaires de leur travail et de leur démarche de rédynamisation de la vie politique martiniquaise…

Il en est de même à mes yeux de nos autres présidents d’honneur :
– Gilbert EUSTACHE, maire et Conseiller Général du Diamant,
– Marcellin NADEAU, maire et Conseiller Général du Prêcheur…
Ce sont de « toujours jeunes » anciens élus avec lesquels nous partageons nombre de priorités et de valeurs au service de ce qui nous importe : l’intérêt général des Martiniquais, et seulement cela…

Je l’ai souvent dit, et je le répète encore alors que l’actualité récente ne nous donne malheureusement pas raison : ce qui importe aujourd’hui c’est de réintroduire la vertu en politique pour que nos concitoyens retrouvent espoir en la Cité, en la vie politique, en l’honneur de travailler pour les autres, de se sacrifier et de représenter ses concitoyens…
C’est une belle mission qui implique de redonner du sens à la Politique, et pour cela, il faut si je puis dire « nettoyer les écuries d’Augias » de la vie politique, l’assainir et la régénérer, quel qu’en soit le coût !
Cela a toujours été ma constante.
C’est pour cela que, lorsque notre Mouvement politique, le Mouvement d’Initiative Populaire (MIP), se réunira mi-septembre pour faire sa rentrée politique et le point sur ses volontés et positions. Nous serons clairs et transparents. Les militants et sympathisants feront leur choix en conscience, pour le seul et unique intérêt de Sainte-Marie, du Nord et de la Martinique.
C’est un minimum de clarté que nous devons aux Martiniquais qui doivent retrouver confiance en leurs représentants. Sinon, il n’y a plus de Démocratie possible…

Quant à moi, vous le savez déjà, je ne serai nulle part et resterai l’arme aux pieds, mais vigilant et actif.
Je ne suis en effet candidat à rien, sauf à faire en sorte que Sainte-Marie, que le Nord de la Martinique, que mes concitoyens, soient dignement représentés dans les politiques publiques qui viendront, et que les grands dossiers du développement du Nord avancent absolument concrètement…

Qu’il me soit permis également de saluer surtout nos trois autres présidentes et présidents d’honneur :
– Franck MOGADE, Président du Conseil d’Administration de la CNATP, la Chambre nationale des artisans des travaux publics et paysagistes,
– Yanneëssa BOISSEVAL, Miss Small Elégance 2015,
– Et Marie-Georges MEHALA, de Marie-Georges Coiffure, qui est Médaillée d’or 2015 du Syndicat de la Coiffure…
Dans leurs fonctions, dans leurs actions, dans leurs passions, ils oeuvrent également au rayonnement et au dynamisme martiniquais. Qu’ils et elles en soient remerciés !

Enfin, permettez-moi encore, comme chaque année, comme l’an dernier avec Isidore NIZARD, de désigner un Citoyen d’Honneur de la ville de Sainte-Marie en la personne d’un homme qui a beaucoup œuvré pour la Martinique et Sainte-Marie en particulier, et qui va partir très bientôt à la retraite : Jean-Claude BOUDARD.
Il fut un footballeur émérite, un sportif de haut niveau, et un Directeur des Services des Sports de Sainte-Marie, également de haut niveau…
Jean-Claude BOUDARD, « Camé », est né le 10 janvier 1951 et a débuté sa carrière de footballeur aux côtés de joueurs talentueux comme Claude CAYOL, ou Camille CHEVRON. Il a joué en sélection de Martinique contre le Santos Football Club ou le Cosmos de New-York d’un certain Pelé, contre aussi des clubs prestigieux comme Aston Villa… Il fut même sacré Champion de la Caraïbe en 1983… Mais le nom de Jean-Claude BOUDARD est et restera indivisible de son club de toujours: la Samaritaine. Il en fit les beaux jours.
Devenu responsable des sports de la ville en 1985, « Camé » réalise de grands événements comme des arrivées de tour des yoles, ou manifestations de moto-cross…
Il va nous manquer…

Nous avons en effet besoin d’agents de hauts niveau et compétents à Sainte-Marie car nos concitoyens veulent voir leur ville se développer. Nos agents forment une bonne équipe, comme notre équipe municipale. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi pour avancer « faire équipe » et aller de l’avant tous ensemble. Et c’est ce que je leur demande prioritairement…

Les réalisations de Sainte-Marie, d’ailleurs, sont déjà là pour souligner ce nécessaire engagement, et je m’en félicite avec par exemple avec la magnifique organisation de cette place par les Services de la ville qui ont fait un excellent travail pour que cette manifestation se passe au mieux.
Parmi les autres réalisations communales, je voudrais aussi citer : la réhabilitation du centre-bourg, l’aménagement du tombolo, de Morne-des-Esses, du Pont Fernand ou du carrefour de Bezaudin, et de cette Plaine de l’Union…

Mais je m’en félicite aussi parce que d’autres réalisations doivent et vont suivre, notamment le stade historique Louis Xercès qui va être construit grâce à une aide du Conseil régional ; et j’en remercie le président LETCHIMY…, (que je remercie également au passage par ailleurs pour la réfection de la route nationale bien refaite enfin, après mes demandes très insistantes. Il a tenu parole, et c’est bien… ).
Le stade Louis Xercès aura aussi l’appui du Conseil général, et j’en remercie la Présidente Josette MANIN ; de la Communauté d’agglomération Cap Nord, et j’en remercie son Président Alfred MONTHIEUX ; avec l’Etat via le CNDS, et j’en remercie le Préfet…
Vous voyez, cela fait du monde, mais c’est cela la fraternité en actes au service de l’intérêt général de nos concitoyens. C’est ce qui doit être…
Et il en sera de même demain pour le transport à Sainte-Marie qui est une nécessité, comme pour notre engagement en matière de production énergétique durable…

Je le répète : pour réussir, il ne suffit pas d’avoir une équipe, il faut faire équipe, vouloir œuvrer ensemble et donc dépasser nos divergences quotidiennes pour aller dans le même sens.
C’est vrai pour les agents de la ville, c’est vrai pour l’équipe municipale, c’est vrai pour les élus martiniquais qui doivent tous agir « kant é kant » pour donner du travail à nos jeunes, leur redonner de l’espoir et l’envie d’agir…

Ce jour est un jour d’union et de fraternité, et il est bien que ce soit sur cette Plaine de l’Union que notre communion ait lieu en ce 15 août.
En effet, ce lieu va désormais prendre pour partie le nom d’ « Espace Clarissa Jean-Philippe » pour rendre hommage à notre jeune compatriote samaritaine tuée dans l’exercice de sa fonction de sécurité publique à Montrouge en janvier 2015, sous les balles des terroristes.

Si j’ai fait référence à LAGROSILLIERE, notre célèbre ancêtre samaritain qui prôna en 1919 l’Union et la fraternité ici même, c’est aussi pour rappeler que c’est lui qui, répondant au vœu populaire des Martiniquais, fit voter l’extension de la loi de conscription aux Antilles, à la Guyane et à la Réunion, le 7 août 1913.
Il s’agissait pour nos pères Martiniquais, libérés du joug de la servilité et devenus citoyens d’acquérir une forme particulière de fraternité que confère la citoyenneté et la dignité : l’impôt du sang. Et 15000 de nos poilus Martiniquais le payèrent cet impôt du sang dans la Grande guerre.
D’autres se sacrifièrent encore dans la Dissidence ou le Bataillon des Antilles sur les champs de batailles de la seconde guerre mondiale en 1939-1945.

Ils avaient 18, 20, ou 24 ans, l’âge de Clarissa qui, elle-aussi, sacrifia sa vie, à l’instar de ses ancêtres, pour que vivent ses concitoyens dans la fraternité et la liberté.
Car Clarissa JEAN-PHILIPPE est morte pour une digne mission de service public : assurer la paix et la sécurité. Elle est morte pour que nous vivions et témoignons de son sacrifice. Et nous lui sommes redevables.

Nous ne voulons pas oublier cet élan de fraternité et nous voulons pouvoir nous recueillir unis et fraternels dans sa mémoire.
C’est pourquoi, cette Plaine de l’Union se devait de lui céder la place pour que l’ « Espace Clarissa JEAN-PHILIPPE » désormais soit parmi nous.

C’est pourquoi aussi, toujours par solidarité avec le sacrifice et le témoignage que nous leur devons, nous avons tenu à ce que des stèles associent Clarissa aux autres victimes samaritaines du terrorisme comme notamment Georges RAVENEAU, pilote de l’avion explosé par des terroristes libyens dans le désert du Ténéré Tchadien.

Nous avons voulu rappeler également à nos mémoires, un grand samaritain, Edouard DESROSES, un des premiers pilotes-mécaniciens antillais qui s’est illustré aux commandes des premiers Constellations et hydravions transatlantiques… Et qui a déjà eu l’honneur d’avoir un timbre poste à son effigie car ce Samaritain est un pionnier de l’aviation…

De même, si nous voulons que tous les Samaritains se souviennent du sacrifice de Clarissa, nous voulons surtout qu’ils se souviennent de la jeune Martiniquaise libre et fraternelle qui voulait construire sa vie, aller de l’avant…
Et c’est pourquoi, nous avons fait réaliser une statue de Clarissa joyeuse et dynamique, comme elle était, comme elle sera toujours dans nos mémoires.
Car les épreuves nous fortifient. Nous unissent et nous rendent plus fraternels.

C’était le désir qu’avait Clarissa de construire un monde meilleur, de s’engager pour les autres. Et c’est ce message d’elle que nous voulons retenir.
Clarissa, tu étais parmi nous, Samaritaine comme nous…
Clarissa, tu es parmi nous, Samaritaine comme nous, pour toujours…
Ta statue en bronze, que nous devons au sculpteur Jean-Marc de Pas, que nous remercions chaleureusement pour son travail et son approche sensible, est une belle œuvre de 250 kgs, de deux mètres cinquante d’envergure et un mètre soixante-quinze de hauteur. Elle s’élève sur un soubassement rocheux que nous devons au don des groupes Gouyer et Colas/Gravillonord.

Cette statue aurait ainsi pu s’appeler symboliquement « la Fraternité », elle s’appelle « Clarissa ». Mais elle est aussi à mes yeux un plaidoyer pour la Fraternité, pour le vivre-ensemble, pour l’engagement désintéressé. Elle restera pour que Clarissa puisse donner à l’avenir des repères à notre jeunesse samaritaine et martiniquaise… Elle sera un repère dans notre paysage samaritain.

Ces repères sont ceux de l’effort, ceux de la responsabilité, ceux de l’engagement au service du public, ceux du dévouement, ceux de l’Union et de la fraternité nécessaires pour vivre libres et égaux.

En dignes citoyens d’une République qui a fait de l’émancipation fraternelle des individus, du refus de la violence, du refus des communautarismes fermés, du refus des individualismes éhontés, du refus des féodalismes dépassés, du refus de la peur qui gangrène nos sociétés, … finalement, la clé de voûte de toutes ses valeurs.

Car la fraternité, c’est d’abord le partage et la paix des âmes.

Puissent les terribles événements de ce début d’année, puisse le sacrifice de Clarissa, nous encourager enfin à accepter nos désaccords sans conflits et à faire de cet événement terrible, un moment sacré d’union partageable, un moment qui nous incite à remettre au cœur de nos actions la vie humaine, la personne humaine, et l’humanisme.

Car la fraternité, c’est, aussi, l’âme du lien social, et elle doit être toujours ré-enchantée !
Ce que nous faisons humblement encore aujourd’hui grâce à Clarissa…

Je vous remercie, et vous souhaite une bonne et heureuse fête de Sainte-Marie !

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