
Il y a quelques temps de cela, la pseudo intelligentsia martiniquaise s’offusquait de l’usage de cette expression…
En Martinique, il suffit de quelques mots pour enflammer le débat. La vie chère ? Les marges excessives ? Les monopoles ? Non, mais qualifier autrui de « nègre de maison », oui.
Qu’est-ce qu’un NEGRE DE MAISON ? L’expression popularisée par Malcolm X désignait ces esclaves privilégiés qui vivaient dans la maison du maître. Bien logés, bien nourris, presque bien blanchis… Ils s’identifiaient à lui au point de défendre sa cause contre celle des leurs.
À l’inverse, le nègre des champs, lui, subissait la dureté du système et rêvait de liberté.
Loin d’être une simple insulte, cette distinction traduisait la dualité psychologique de la servitude, entre révolte et résignation.
Aujourd’hui, derrière l’expression NEGRE DE MAISON, il y a une accusation précise : celle d’une partie de la population qui estime que certaines « élites » locales, économiques notamment, défendent davantage les intérêts des puissants que ceux du pays.
Parce que oui, à force de relativiser les déséquilibres économiques, de minimiser certaines situations oligopolistiques ou d’appeler à la modération face à la colère sociale, une question finit par s’imposer : qui est réellement défendu ?
Transposée à nos réalités contemporaines, notamment dans les sociétés issues de la colonisation comme la Martinique, l’expression conserve toute sa force symbolique.
Car si les chaînes physiques ont disparu, les rapports de pouvoir, eux, demeurent : dépendance économique, hiérarchie sociale, connivence politique.
Lorsqu’un irresponsable défend sans nuance les intérêts des groupes dominants ou minimise la réalité des inégalités, l’accusation de “nègre de maison” surgit comme un rappel historique : celui de la continuité entre l’ordre colonial et certaines formes de soumission moderne.
Employer aujourd’hui cette expression, c’est donc nommer une réalité politique : celle d’une « élite » parfois plus soucieuse de préserver ses privilèges que de transformer la société.
On peut juger le mot brutal, mais il appartient à cette tradition de parole politique radicale qui refuse la complaisance.
Il ne s’agit pas d’une attaque contre une personne, mais contre un système.
Il rappelle que la véritable liberté ne se conquiert pas dans les salons, mais dans la lucidité collective.
Le jour où nos « élites » ne seront plus perçues comme les gardiennes d’un ordre hérité, Le jour où la Martinique regardera son histoire sans détour, alors, oui, le qualificatif de “nègre de maison” perdra sa raison d’être.
Mais tant que perdureront ces logiques de soumission et de dépendance, le silence bavard sera une vile et servile complicité.
Je m’appelle gilles dégras, je suis fier d’être un nègre des champs et surtout des razyé. Et j’emmerde les nègres de maison. J’emmerde leurs masques immaculés d’enc… qui s’engraissent et nous parlent d’attractivité économique pendant que la population croit en d’yeux mais compte les centimes à la pompe. Eh oui…j’avais ça à dire. C’est fait.







![L'image du jour [12/01/16] Martinique](https://i0.wp.com/www.bondamanjak.com/wp-content/uploads/2016/01/Screenshot_2016-01-12-11-24-07-1.png?fit=228%2C148&ssl=1)




