
Ce matin, Marion Maréchal Le Pen a réagi à l’annulation par le maire RN de Vierzon de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Pour justifier cette décision, elle explique qu’elle aurait, elle, maintenu cette cérémonie, mais pour parler de l’esclavage arabo-musulman et intra-africain.
Puis elle choisit de me citer personnellement, en affirmant que j’aurais « plus de chances » qu’elle d’être descendant d’esclavagistes au motif que je serais issu d’une famille de nobles maliens ayant pratiqué l’esclavage.
Que Madame Maréchal Le Pen soit embarrassée par la décision scandaleuse du maire RN de Vierzon, cela la regarde. Mais je suis profondément choqué qu’elle en arrive à m’attaquer personnellement et à me diffamer en suggérant, sans le moindre fondement, qu’en raison de mes origines familiales supposées, je serais davantage lié à cette histoire qu’elle-même.
Au-delà de l’insulte qui m’est adressée, ces propos révèlent une mécanique devenue trop fréquente dans une partie du débat public : assigner certains élus à leurs origines réelles ou supposées, comme si leur place dans le récit national devait sans cesse être questionnée.
La commémoration de l’abolition de l’esclavage n’est pas un exercice de culpabilisation. C’est un devoir de mémoire républicain.
Oui, les mémoires historiques sont multiples. Mais en France, nous avons la responsabilité de regarder lucidement notre propre histoire : celle de la traite négrière, du commerce triangulaire et des conséquences humaines, sociales et politiques qu’ils ont laissées. Cette histoire fait pleinement partie de l’histoire de France.
Ces cérémonies existent pour reconnaître ce passé, transmettre cette mémoire et permettre le rassemblement. Elles rappellent que la République est plus forte lorsqu’elle assume son histoire avec lucidité et dignité. Elles portent aussi une promesse essentielle : celle d’une France capable de faire une place pleine et entière à tous ses enfants.
En tant que maires de communes françaises, nous avons la responsabilité de faire vivre ces moments républicains. Ils ne divisent pas la Nation ; ils contribuent au contraire à renforcer son unité autour de la vérité historique, de la dignité humaine et des valeurs républicaines.
À l’heure où notre pays a besoin d’apaisement, de cohésion et de responsabilité, il est indispensable de continuer à défendre ces commémorations avec force et dignité.
Je veux enfin redire tout mon soutien aux élus qui, partout en France, continuent de faire vivre ce devoir de mémoire républicain. Préserver l’histoire, c’est aussi protéger notre avenir commun.
Bally Bagayoko












